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Les bons réflexes face à une personne qui a perdu connaissance

Perte de connaissance : causes et bons réflexes à adopter

Nous connaissons tous cette sensation de faiblesse, de fatigue intense, d’étourdissement. Dans certains cas, celle-ci peut aboutir à une perte de connaissance. Elle peut concerner n’importe qui à n’importe quel moment. Il est donc primordial de connaitre les bons réflexes et de prodiguer les gestes qui sauvent afin d’éviter toute complication.
Personne allongée sur le dos avec vibrations, stylisée en rouge.
Flèche directionnelle pour guide pédagogique STAR Aid.
Table des matières

Important : cet article ne remplace pas un avis médical. Les informations présentées ci-dessous ont un but informatif. Elles ne constituent ni un diagnostic ni un conseil médical. En cas de doute, de symptôme inhabituel ou d’urgence, contactez sans attendre un professionnel de santé, le 15 ou le 112.

Perdre connaissance, c’est rompre brutalement tout contact avec le monde extérieur. Qu’il s’agisse d’une syncope brève de quelques secondes ou d’un évanouissement plus prolongé, cet épisode peut survenir à tout âge et résulter de causes très variées. Savoir reconnaître les signes avant-coureurs, identifier les causes possibles et adopter les bons réflexes peut faire toute la différence face à une telle situation.

Quelle différence entre malaise et perte de connaissance ?

Le malaise sans perte de connaissance : lipothymie

La lipothymie (aussi appelée malaise lipothymique) correspond à une sensation imminente de perte de connaissance sans que celle-ci survienne réellement. Le patient ressent un affaiblissement général, des vertiges, une vision floue, des sueurs froides, des nausées et un simple fléchissement du tonus musculaire. Il reste cependant conscient et perçoit son environnement.

La lipothymie est souvent d’origine émotionnelle ou posturale (hypotension orthostatique lors d’un lever rapide). Elle ne constitue pas en elle-même une urgence vitale, mais elle peut précéder une syncope si la cause n’est pas identifiée.

La syncope : une perte de connaissance brève

La syncope est une perte de connaissance brève, soudaine, complète et spontanément résolutive. Elle est causée par un manque temporaire d’oxygène dans le cerveau, ce qui provoque une perte de force musculaire. La personne victime s’effondre, perd connaissance quelques secondes à quelques minutes, puis reprend conscience d’elle-même.

On distingue plusieurs types de syncope : les syncopes réflexes (comme le malaise vagal ou pendant la miction), les syncopes d’origine cardiaque, et les syncopes par hypotension orthostatique (chute de tension en se levant). La plupart du temps, la syncope est bénigne, mais il faut toujours vérifier qu’elles ne viennent pas d’un problème cardiaque.

La perte de connaissance prolongée et le coma

Lorsque la perte de connaissance dure plusieurs minutes sans retour spontané à la conscience, on parle de coma. Ce tableau est toujours une urgence vitale. Il peut être lié à :

  • un traumatisme crânien
  • une commotion cérébrale,
  • un accident vasculaire cérébral (AVC),
  • une embolie pulmonaire,
  • un arrêt cardiaque,
  • des causes métaboliques sévères.

Le coma nécessite une prise en charge médicale immédiate.

Quels sont les signes avant-coureurs d’une syncope ?

Les prodromes d’une perte de connaissance progressive

Dans de nombreux cas, la perte de connaissance est précédée de signes annonciateurs appelés prodromes. Ces symptômes durent quelques secondes à quelques minutes et permettent parfois à la personne de se mettre en sécurité avant de chuter.

Les prodromes les plus fréquents sont :

  • des vertiges ou une sensation de « tête qui tourne »
  • une vision floue ou des points noirs devant les yeux (phosphènes)
  • des bourdonnements d’oreilles
  • des nausées et sueurs froides
  • une pâleur intense
  • un affaiblissement général, une sensation de jambes en coton
  • des palpitations (signes possibles d’une arythmie)

Ces signes avant-coureurs sont caractéristiques des syncopes réflexes et des lipothymies. La vue du sang, la chaleur ou une émotion intense peuvent suffire à les déclencher.

La perte de connaissance brusque : quand il n’y a aucun signe

Certaines pertes de connaissance surviennent brutalement, sans aucun prodrome. C’est notamment le cas lors d’un trouble du fonctionnement électrique du cœur (arythmie, fibrillation ventriculaire) ou lors d’un accident ischémique transitoire (AIT). La personne s’effondre sans crier gare, ce qui augmente le risque de chute traumatisante et de blessure.

Ce type de syncope brusque doit systématiquement conduire à une exploration cardiologique approfondie, car il peut annoncer un arrêt cardiaque.

Quelles sont les causes d’une perte de connaissance ?

Le malaise vagal et la syncope vasovagale

Le malaise vagal est la cause la plus fréquente de syncope, notamment chez les sujets jeunes. Il est déclenché par une stimulation excessive du nerf vague, entraînant un ralentissement du rythme cardiaque et une chute de la pression artérielle. La personne victime d’un malaise vagal présente souvent des prodromes marqués avant de perdre connaissance.

Comme indiqué un peu plus haut, les déclencheurs classiques sont : la vue du sang, une émotion intense, la douleur, la chaleur, une station debout prolongée ou encore une quinte de toux.

La syncope mictionnelle (lors de la miction), est un malaise qui peut arriver pendant qu’on urine. Elle fait partie des malaises réflexes, provoqués par une réaction du corps qui ralentit brusquement le rythme cardiaque et fait baisser la tension.

Les causes cardiaques : arythmie et malaise cardiaque

Les causes cardiaques représentent les étiologies les plus graves de perte de connaissance. Un trouble du fonctionnement électrique du cœur peut provoquer une syncope brusque. La pression artérielle chute brutalement, le débit sanguin cérébral s’effondre.

L’infarctus du myocarde peut également se manifester par une syncope, parfois sans douleur thoracique typique. Ces syncopes d’origine cardiaque sont potentiellement mortelles et constituent une urgence diagnostique absolue. L’arrêt cardiaque en est la forme la plus extrême.

Lire aussi notre article sur les différences entre infarctus et crise cardiaque.

Les causes neurologiques : épilepsie, AVC, crise comitiale

La crise d’épilepsie (ou crise comitiale) entraîne une perte de connaissance brutale, souvent accompagnée de mouvements convulsifs, d’une morsure de la langue et d’une confusion post-critique. Elle se distingue de la syncope par sa durée plus longue et ses symptômes spécifiques.

Un AVC ou un accident ischémique transitoire peut provoquer des symptômes d’ischémie vertébrobasilaire : vertiges intenses, trouble de l’équilibre, vision floue, diplopie, et parfois une perte de connaissance brève. Ces situations nécessitent une prise en charge neurologique en urgence.

Le traumatisme crânien peut également provoquer une perte de connaissance, immédiate ou retardée, en lien avec un œdème cérébral ou un hématome.

Les causes métaboliques : hypoglycémie, fièvre, stress

L’hypoglycémie est une cause métabolique fréquente de malaise et de perte de connaissance. Lorsque le taux de glucose sanguin chute sous un seuil critique, le cerveau est en déficit énergétique et peut provoquer une syncope ou une altération de la conscience. Le diagnostic positif de l’hypoglycémie repose sur la mesure de la glycémie capillaire. Elle touche notamment les patients diabétiques sous traitement, mais aussi les personnes en jeûne prolongé ou en état de stress intense.

L’hypotension orthostatique — chute de la pression artérielle au lever — est une cause métabolique et posturale fréquente, notamment chez la personne âgée ou sous certains médicaments antihypertenseurs (prise de certains médicaments). La fièvre élevée, la déshydratation et une attaque de panique peuvent également provoquer des malaises avec sensation de perte de connaissance imminente.

Enfin, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) peut, dans ses formes graves, entraîner une hypoxie suffisante pour provoquer une altération de la conscience.

Qui est le plus à risque de perdre connaissance ?

Certains profils sont particulièrement exposés aux pertes de connaissance totales ou aux syncopes à répétition :

  • La personne âgée : elle cumule souvent plusieurs facteurs de risque (hypotension orthostatique, troubles cardiaques, prise de certains médicaments vasodilatateurs ou bradycardisants). Le risque de chute traumatisante est également plus élevé en raison d’une moins bonne réactivité posturale.
  • Les jeunes adultes et adolescents : fréquemment sujets aux syncopes vagales, lors d’efforts physiques, de chaleur ou d’émotions.
  • Les patients cardiaques : antécédents d’arythmie, de valvulopathie ou d’insuffisance cardiaque augmentent le risque de syncope grave.
  • Les patients diabétiques : exposés aux hypoglycémies, source fréquente de perte de connaissance.
  • Les personnes sous traitement médicamenteux : antihypertenseurs, diurétiques, antidépresseurs et anxiolytiques peuvent provoquer des baisses de pression artérielle.

Comment réagir face à une perte de connaissance ?

Les gestes de premiers secours à effectuer

Face à une personne qui perd connaissance, chaque seconde compte. Voici la conduite à tenir, issue des recommandations de la Haute Autorité de Santé.

  1. Évaluer l’état de conscience : engagez un dialogue simple tel que « Quel est votre nom ? », « Quel âge avez-vous ? » stimulez doucement la victime. Si elle ne répond pas, elle est inconsciente.
  2. Si la victime est inconsciente mais respire : la priorité absolue est de dégager les voies respiratoires. Allongez-la sur le sol et défaites tout ce qui pourrait gêner la respiration. La perte de connaissance entraîne le relâchement du tonus musculaire, ce qui peut provoquer une obstruction des voies aériennes par la langue qui chute vers la gorge. Inclinez doucement la tête de la victime en arrière pour libérer les voies respiratoires, puis vérifiez sa respiration.
  3. Mettre en position latérale de sécurité (PLS) : la position latérale de sécurité est le geste de secours incontournable pour toute victime inconsciente qui respire. Elle permet de maintenir les voies respiratoires ouvertes et d’éviter une respiration sifflante ou obstruée, voire un étouffement en cas de vomissements. Voici comment réaliser la position latérale de sécurité :
  4. Surveiller et rester présent : restez auprès de la victime jusqu’à l’arrivée du SAMU. Parlez-lui régulièrement, car même inconsciente, l’ouïe peut persister.

Quand appeler le 15 ou le 18 en urgence

Appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers) si :

  • La victime est inconsciente et ne respire pas ou présente une respiration agonique
  • Le pouls est absent ou irrégulier
  • La perte de connaissance dure plus de quelques minutes
  • Elle survient après un traumatisme crânien ou une chute traumatisante
  • La victime est une personne âgée ou cardiaque connue
  • Des symptômes neurologiques accompagnent la syncope (paralysie, confusion, troubles de la parole)

En cas d’absence de respiration, commencez immédiatement un massage cardiaque externe dans l’attente de l’arrivée du SAMU. Si un défibrillateur est disponible à proximité, utilisez-le : l’appareil vous guidera vocalement étape par étape. Chaque année en France, environ 50 000 décès sont liés à un arrêt cardio-respiratoire : l’accès rapide à ces appareils pourrait en éviter une grande partie.

Quels examens réaliser après une perte de connaissance ?

Après une perte de connaissance, une consultation médicale est importante pour trouver la cause et vérifier qu’il ne s’agit pas d’un problème grave.

Le médecin commence par un examen clinique : il analyse les circonstances du malaise, les symptômes ressentis avant la perte de connaissance, les antécédents du patient, puis réalise un examen du cœur et du système neurologique.

Selon les cas, plusieurs examens peuvent être réalisés :

  • Un électrocardiogramme (ECG) : pour détecter un trouble du rythme cardiaque
  • Une glycémie : pour vérifier une hypoglycémie
  • Un Holter-ECG : pour enregistrer l’activité du cœur sur plusieurs heures ou jours
  • Une échographie du cœur : si une cause cardiaque est suspectée
  • Une prise de sang : pour rechercher certaines anomalies
  • Un EEG : en cas de suspicion d’épilepsie
  • Un scanner ou une IRM : si un AVC ou un traumatisme crânien est suspecté

Comment prévenir les récidives de syncope ?

La prévention des récidives de perte de connaissance dépend directement de la cause identifiée.

Pour les syncopes vagales :

  • Éviter les facteurs déclenchants connus (chaleur, jeûne, station debout prolongée)
  • Apprendre à reconnaître les signes annonciateurs et à s’allonger dès leur apparition
  • Augmenter les apports en sel et en eau pour maintenir la pression artérielle
  • Pratiquer des manœuvres de contre-pression (croiser les jambes, contracter les membres inférieurs) dès les premiers prodromes

Pour l’hypotension orthostatique :

  • Se lever lentement depuis la position allongée ou assise
  • Éviter les boissons alcoolisées et les bains chauds prolongés
  • Réévaluer la prise de certains médicaments avec le médecin traitant

Pour les syncopes cardiaques :

  • Traitement spécifique de l’arythmie (médicaments, ablation, pose d’un stimulateur cardiaque)
  • Surveillance cardiologique régulière

Pour l’hypoglycémie :

  • Adapter les doses d’insuline ou d’hypoglycémiants oraux avec l’aide d’un diabétologue
  • Ne jamais sauter de repas et avoir toujours du sucre rapide à portée de main

Pour tous les patients :

  • Signaler tout nouvel épisode au médecin, même s’il paraît bénin
  • Éviter les activités dangereuses (conduite, travaux en hauteur) tant que la cause n’est pas identifiée et traitée
  • S’assurer que l’entourage connaît les gestes de premiers secours et la position latérale de sécurité

La perte de connaissance, dans la majorité des cas bénigne, peut parfois révéler une pathologie grave. Savoir reconnaître les signes d’alerte, adopter les bons réflexes et orienter rapidement la victime vers les secours adaptés peut faire la différence entre une issue favorable et un drame évitable.